Analyse de l’évaluation en histoire

6 06 2009

Analyse des résultats

En annexe, un tableau synthétise les résultats obtenus par les élèves lors du test. Si on l’observe, on peut relever différents constats, et notamment le fait que les élèves de cette classe « se tiennent ». En effet, ils ont tous réalisé un total de points situé entre 21 et 29.5 sur les 42 possibles. Ces résultats conduisent au fait que tous les élèves obtiennent une note entre 3.5 et 4.5, la moyenne étant fixée à 23 points, ce qui équivaut à un taux de 55% de réussite.

Cependant, une seconde constatation peut être faite à l’observation générale de ce tableau de résultats. Bien que proches au niveau du total réalisé, les élèves n’ont pas obtenus leurs points aux mêmes endroits dans le test. Certains s’en sont mieux sortis dans les épreuves de simple restitution de connaissances, alors que d’autres élèves ont remporté des points dans les situations impliquant un plus haut niveau de compétence.

En observant individuellement les différentes colonnes du tableau, on remarque que la question 1D a posé des difficultés à la plupart des élèves, puisqu’un seul d’entre eux obtient la totalité des points. La formulation de la consigne me semble être le principal obstacle rencontré par les élèves pour cette question. Je pense qu’elle n’était pas suffisamment claire pour eux, ce qui a occasionné ces médiocres résultats.

Ce test est le premier que je réalisais avec cette classe, et sachant qu’un temps d’adaptation est souvent nécessaire avant que chacun – élèves et maître – soit habitué au fonctionnement de l’autre, il est normal que les élèves aient été surpris par certaines tâches ou formulations auxquelles ils n’étaient pas encore accoutumés, étant donné que nous ne travaillions ensemble que depuis un mois au moment de cette évaluation.

La question 2D a également posé quelques problèmes aux élèves, puisque sur les 6 possibles, un maximum de 3 points a été obtenu par certains jeunes seulement. Je crois qu’il ne s’agit pas cette fois d’un souci au niveau de la formulation de l’énoncé, lequel me semble tout à fait compréhensible. A mon avis, et en me basant sur mes expériences de cette classe, le problème réside dans la qualité de lecture de la consigne. En effet, j’ai pu m’apercevoir au fil des semaines, que nombre d’élèves de 9ème année VSO présentent de grandes difficultés dans l’acte de lecture (fluidité, compréhension) et que très souvent, à cause de cela, la vue d’un paragraphe  à lire – ou pire, d’un texte – les rebute.

Je soupçonne donc que la plupart des élèves ne sont pas allés jusqu’au bout de la donnée, se contentant d’effectuer la première partie de ce qui leur était demandé seulement.

Une autre hypothèse pouvant expliquer les faibles résultats de cet exercice, pourrait être qu’aucun élève n’avait les connaissances nécessaires pour répondre plus longuement à cette question, ce qui démontrerait un manque d’apprentissage et de rigueur de leur part, étant donné que tout avait été travaillé en classe et qu’ils disposaient de documents sur ces sujets.

Deux problèmes sont donc soulevés ici, le premier étant lié aux compétences de lecture des élèves, et le second concernant la méthode d’apprentissage de ces derniers. Un entraînement plus régulier à la lecture, notamment dans le cadre du cours de français, constituerait selon moi, un travail indispensable qui aurait des répercussions sur de nombreuses disciplines scolaires, mais également sur le plan social et professionnel des élèves.

Par ailleurs, je constate que beaucoup de jeunes ne disposent pas de techniques d’apprentissage propres, ce qui leur cause du tort à l’école déjà, mais les poursuivra dans leur formation professionnelle s’ils ne sont pas aidés par une tierce personne. C’est pourquoi je préconise des moments en classe réservés à la recherche de méthodes de travail adéquates, afin que les jeunes sachent ensuite comment appréhender leur ouvrage une fois seuls chez eux. Cet enseignement devrait être dispensé dès l’école primaire, pour qu’une routine s’installe progressivement. Cela fait pour moi, partie du travail d’un enseignant, qui doit viser la réussite de ses élèves, et je suis convaincue que la réussite commence par là !

La troisième partie du test qui s’articulait autour d’un témoignage de soldat rédigé durant la Première Guerre mondiale, s’est relativement bien passée pour les élèves. Pratiquement tous démontrent avoir correctement évalué ce document, en étant capables de définir son auteur, son destinataire, sa nature et son intérêt.

Cependant, la justification des réponses a occasionné quelques remarques et constitué un obstacle pour certains élèves. Tous m’ont affirmé suite au test, n’avoir pas l’habitude d’être sollicités pour justifier leurs réponses et ne pas comprendre le but de cet exercice.

Je crois au contraire que c’est très important de développer ces compétences chez nos élèves, et ceci dès le plus jeune âge, car elles sont aujourd’hui, un atout réel dans la vie sociale et professionnelle. D’après leurs remarques j’ai constaté que les élèves croient qu’on attend d’eux uniquement des réponses exactes et précises, sans aucune marge d’erreur possible. Certes, c’est parfois le cas pour les calculs en maths ou l’orthographe par exemple, cependant, la plupart du temps, si la réponse donnée est justifiée de façon pertinente, elle sera acceptée par son destinataire. Ceci est valable autant à l’école que dans la vie de tous les jours, c’est pourquoi j’aimerais faire comprendre à ces adolescents, l’importance de pouvoir défendre son avis (par oral ou par écrit suivant la situation).

Le temps passé en stage cette année ne m’a pas permis d’entrainer longuement ces compétences, cependant, j’ai pu prendre conscience de ces éléments que je compte bien appliquer dès la rentrée prochaine avec ma future classe, que j’aurai la chance de suivre durant une année entière, et de façon régulière.

La dernière partie du test s’intéressait également au témoignage de soldat utilisé pour les tâches de la troisième partie. La consigne appelait les élèves à établir une comparaison entre ce document textuel et un extrait du film de fiction « Joyeux Noël » de Christian Carion paru en 2007, qui avait été visionné et travaillé lors de la séance précédente.

Face à cette situation, quelques élèves se sont visiblement trouvés démunis, puisqu’ils n’ont donné aucune réponse. D’autres ont su prendre le recul nécessaire par rapport aux documents et ont rédigé des commentaires pertinents.

Cette tâche relevait d’un niveau taxonomique élevé. En effet, une synthèse des deux documents (témoignage et film) devait être envisagée, afin de pouvoir les comparer ensuite. Finalement, une évaluation personnelle des documents était requise. Malgré le fait que ces compétences avaient été travaillées en classe, je constate qu’une majorité de la classe n’a pas atteint un niveau de maîtrise suffisant. Il faudrait par conséquent y revenir afin de les évaluer à nouveau dans un autre contexte quelques semaines plus tard.

Par ailleurs, la consigne de cette dernière tâche étant rédigée sur sept lignes, j’imagine que quelques élèves ne sont pas allés jusqu’au bout de la lecture et ont préféré bâcler leur test.

Si je m’attarde maintenant sur trois élèves en particulier, ayant obtenu des résultats variés, je choisis d’analyser le travail de l’élève 1 qui a eu 21 points et dont la note est en dessous de la moyenne, l’évaluation de l’élève 9 ensuite, qui se trouve dans la moyenne de la classe avec un 4 pour 23.5 points, et finalement le travail de l’élève 6 qui obtient un 4.5 avec 29.5 point, ce qui constitue le meilleur score de la classe.

Elève 1

Cette élève perd de nombreux points dans les première et deuxième parties, qui vérifiaient la maîtrise des connaissances principalement. L’adolescente démontre donc ne pas avoir suffisamment appris sa matière par les multiples erreurs commises dans les exercices 1A, 1B, 1C et 2D.

La question 1D n’a clairement pas été comprise par cette élève, étant donné sa réponse. D’autre part, certaines questions semblent n’avoir pas été lues correctement ; c’est le cas par exemple de la question 2A qui est trop complète, et de la question 2D qui est incomplète. Toutefois, dans les troisième et quatrième parties du test, l’élève s’en sort bien. On remarque à ses réponses qu’elle a saisi le contenu du témoignage. Par contre, elle n’a pas toujours donné une justification à ses réponses, ce qui relève soit de l’inattention de sa part, soit un manque de technique lui permettant de réaliser cette tâche.

Par ailleurs, cette élève récolte la totalité des points de la dernière activité, car elle relève plusieurs éléments tout-à-fait pertinents, et ajoute son avis personnel pour finir.

Globalement, cette adolescente démontre un bon niveau de compétences sur les dernières tâches; elle n’obtient toutefois pas la moyenne, car de nombreuses connaissances lui manquent encore comme le révèle son évaluation.

Elève 9

Cet élève obtient tout juste la moyenne avec 23.5 points au total. On remarque chez lui un meilleur niveau de connaissances que chez l’élève précédente ; il est médiocre sur l’ensemble du test, comme en témoigne sa ligne de résultats sur le tableau en annexe.

Dans la troisième partie, on peut noter que l’adolescent maîtrise relativement bien l’analyse du document qui lui est fourni. De plus, les justifications données pour appuyer ses réponses sont très pertinentes. L’élève ne parvient toutefois pas à synthétiser suffisamment les éléments contenus dans le document pour le mettre en parallèle avec l’extrait de film dans la quatrième partie. Cependant, il démontre avoir lu la consigne jusqu’au bout, puisqu’il écrit un avis personnel sur les documents, ce qui lui vaut un point.

Elève 6

Cet élève se démarque du reste de la classe avec ses 29.5 points. Il se heurte lui-aussi à la question 1D, qu’il semble n’avoir pas comprise. Ses connaissances du sujet ont l’air d’être nettement plus affirmées que chez les deux élèves précédents. L’analyse du témoignage est acquise également par cet élève et les justifications qu’il avance sont pertinentes.

La dernière épreuve du test par contre n’est pas maîtrisée par cet élève. Peut-être n’a-t-il pas compris ou mal lu la consigne ? On peut aussi imaginer que les compétences nécessaires à l’établissement d’une comparaison ne sont pas acquises, puisque ce qu’il a rédigé correspond plutôt à une description. L’enseignement de cette compétence n’a peut-être pas été suffisant pour cet élève qui, par ailleurs, démontre avoir bien intégré l’ensemble des connaissances sur le sujet.

 

Analyse de l’évaluation

Suite à cette analyse de résultats, je souhaite proposer quelques réflexions par rapport à l’évaluation et à l’enseignement qui l’a précédée. Je suggérerai ensuite des pistes de remédiations en fonction des problèmes rencontrés par les élèves lors de l’évaluation.

Pour commencer, le test me semble trop long. En effet, je pense que les quatre pages ont pu décourager certains élèves qui, comme je le disais plus haut, présentent de la difficulté à lire et à se concentrer longtemps sur un même travail. Concrètement, j’ai pu observer qu’avant même d’avoir pris connaissance du contenu, les élèves ont été abattus à la vue des quatre pages de l’évaluation qui leur était distribuée.

Prévu pour durer une période, tous les élèves ont réussi à terminer le test à temps, ce qui indique que la charge de travail était bien calculée. Cependant, le nombre élevé de pages a pu gêner les élèves, qui se sont peut-être dépêchés au début du travail, de peur de ne pas arriver à la fin dans les temps. Par conséquent, il serait utile de faire lire l’ensemble du test aux élèves avant de les laisser débuter, pour qu’ils se rendent compte de la masse de travail qui leur est demandée et qu’ils puissent ainsi mieux gérer leur temps.

Mon idée était de varier au maximum les tâches dans ce test, afin de motiver les élèves et de donner la possibilité à chacun de rencontrer un sujet avec lequel il serait à l’aise. Je pense que ce second objectif a été atteint, étant donné la proximité des résultats obtenus. 

Sur le plan formel, je n’ai pas bien réfléchi lorsque j’ai réalisé ce test, en ne numérotant pas les différentes parties ou questions. Pourtant j’ai pu me rendre compte rapidement que la numérotation facilite énormément la communication autour de l’évaluation, que ce cela soit durant l’épreuve, lorsque les élèves posent une question, ou lors de la correction en classe. A l’avenir, c’est certain que je ne commettrai plus ce genre d’oubli.

Je vais maintenant m’intéresser à la modalité d’évaluation utilisée, ainsi qu’au contenu des tâches proposées dans cette évaluation. La structure du test me semble respecter une certaine logique. Les premières situations dans lesquelles est placé l’élève sont simples et relèvent du niveau un ou deux de la taxonomie. Puis la difficulté croît au fil des pages, les dernières tâches atteignant une complexité nettement supérieure. Je pense que cette croissance progressive de la difficulté est intéressante et permet aux élèves d’appréhender dans de meilleures conditions les tâches complexes.

Cependant, je me suis aperçue, déjà au moment d’établir la grille de critères d’évaluation, que mon test ne permettait pas vraiment d’évaluer les compétences ciblées lors de la définition des objectifs d’apprentissage. En effet, la plupart de mes questions testent plutôt les connaissances des élèves, puisqu’elles incitent ces derniers à « répéter des réponses qu’ils ont déjà apprises » (G. Scallon, 2007, p. 36), ou à contrôler leur habileté à utiliser ces mêmes connaissances.

La compétence est nettement plus complexe ; le site pédagogique cité en bibliographie en propose une définition que je trouve pertinente :

Une compétence est une capacité d’action efficace face à une famille de situations, qu’on arrive à maîtriser parce qu’on dispose à la fois des connaissances nécessaires et de la capacité de les mobiliser à bon escient, en temps opportun, pour identifier et résoudre de vrais problèmes.

On souligne dans cette définition, que la compétence exige non seulement de posséder des connaissances, mais également d’être capable de s’en servir habilement en vue de résoudre un problème. François-Marie Gerard, dans son ouvrage, utilise le terme d’intégration pour exprimer cette complexité :

L’élément le plus important dans la notion de compétence est […] l’intégration : la compétence se manifeste dans une situation complexe qui intègre un certain nombre d’éléments et qui nécessite de mobiliser – c’est-à-dire d’identifier et d’utiliser conjointement – un ensemble intégré de ressources » (2008, p.51).

La compétence apparaitrait donc, selon cette dernière citation, dans le cadre d’une confrontation à une situation complexe, qu’il s’agit pour l’enseignant de proposer aux élèves. Idéalement, et selon F.-M. Gerard, une série d’étapes très concrètes devraient être suivies pour construire un test d’évaluation de compétences. Voici les premiers points à entreprendre :

« 1. Définir les objectifs de l’évaluation et la démarche à adopter. 2. Déterminer avec précision, pour une discipline et un niveau, la compétence que l’on va évaluer à partir de la situation. 3. Elaborer une situation d’intégration qui correspond à la compétence. » (2008, p.59). Et ainsi de suite jusqu’au septième point.

Cette liste d’étapes peut paraître irréalisable pour un enseignant, dont l’emploi du temps est déjà fort rempli. Je pense qu’il ne peut concrètement se permettre d’effectuer un tel travail pour chacune de ses évaluations. Par ailleurs, l’auteur de l’ouvrage précise effectivement qu’il s’agit pour lui « de proposer des pistes idéales en laissant le soin à la personne qui se forme de s’approprier celles-ci, en en faisant le tri, en adoptant et en adaptant ce qui est possible dans son contexte et dans une perspective d’évolution progressive » (2008, p.59).

L’essentiel est donc de prendre conscience des nombreuses exigences propres à l’évaluation de compétences et de les garder à l’esprit dans le but de les intégrer peu à peu dans son fonctionnement professionnel quotidien.

Outre la connaissance et la tentative d’application de cette théorie, l’enseignant ne peut se détacher des réalités constitutives de sa classe. Celles-ci pouvant notamment être les habitudes de fonctionnement de la classe (surtout lorsqu’on est stagiaire quelques mois dans une classe deux heures par semaine seulement), les capacités des élèves, leurs pré requis, leur niveau scolaire, leur âge, leur motivation, etc.

Ainsi, le test que j’ai réalisé a été pensé en fonction de ces facteurs-là également. Les élèves n’ayant pas l’habitude de travailler par compétences auparavant, j’ai tenté d’introduire progressivement une nouvelle méthode d’enseignement favorisant leur développement. Cependant, il n’est pas évident de changer brutalement les habitudes d’une classe. Pour le test fixé au début avril, j’ai donc fait le choix de tendre vers une évaluation de compétences, pour poursuivre mon objectif, sans avoir la possibilité de ne tester que celles-ci au travers de situations complexes. J’ai jugé au moment de construire le TS, que le temps n’avait pas été suffisant (5 semaines) pour que je me permette de soumettre les élèves à une évaluation relevant d’un fonctionnement entièrement nouveau pour eux.

Le tableau de critères d’évaluation permet à lui seul de remarquer qu’il ne s’agit pas d’un test évaluant des compétences uniquement. En effet, pour la plupart des questions des parties 1 et 2 du test, le critère « restitution et utilisation correcte des connaissances vues en cours » est le plus adéquat. En outre, les indicateurs de ces mêmes questions ne peuvent que formuler l’attente de réponses précises relatives à un savoir déclaratif, étant donné que les indicateurs sont « les éléments à observer très concrètement dans chaque production » (Bouhon M. et Dambroise C., 2002, p.22).

Par contre, pour les situations proposées aux élèves dans les parties 3 et 4 du test, on constate que les critères et les indicateurs changent, les tâches devenant plus complexes, ce ne sont plus des réponses aussi précises qui sont attendues par les élèves, mais plutôt leur capacité à analyser une situation et à en dégager différents éléments de réflexion en lien avec leurs savoirs.

 

Remédiations

Ce chapitre est consacré à la suggestion de quelques pistes de remédiation par rapport à l’enseignement qui a précédé le test, au test ou à la phase qui lui a succédé.

Afin d’améliorer le niveau de compétences des élèves au moment du test, et dans le but de tester plus largement ces compétences, j’aurai dû orienter mon enseignement différemment. Je n’ai sans doute pas fait les bons choix lorsque j’ai planifié ma séquence sur la Première Guerre mondiale. Il aurait fallu, à ce moment là, réduire considérablement les thèmes que je souhaitais aborder avec les élèves autour de ce sujet, et ainsi viser principalement l’enseignement et l’exercice d’une compétence – deux au maximum.

Mon erreur est donc d’avoir été trop ambitieuse dans le contenu de ce que je souhaitais étudier avec cette classe de VSO.

En débutant dans cette classe, je ne connaissais pas du tout le niveau des élèves, il aurait donc été intelligent de leur soumettre une évaluation diagnostique lors de notre première rencontre, ce qui m’aurait permis de déterminer les pré-requis des élèves et leur niveau en général. A partir de ces informations, j’aurai pu adapter ma planification, de façon à ce qu’elle corresponde à cette classe précisément.

Ensuite, lors de l’enseignement proprement dit, j’aurai dû proposer d’avantage d’activités à réaliser individuellement par les élèves. Au contraire de cela, j’ai privilégié le travail par groupes, en pensant favoriser les échanges d’idées et de méthodes au travers de l’interaction. Un mélange des deux procédés me semble être un bon compromis, le travail de groupe étant souvent constructif, car composé de multiples avis, alors que les tâches individuelles permettent à chacun de se rendre compte de ses forces et de ses faiblesses, ce qui est difficile à réaliser pour des jeunes lorsqu’ils sont entourés de leurs pairs. En réalité, je pense que c’est la variété des démarches utilisées qui constitue le meilleur des « trucs » pour motiver les élèves.

Par ailleurs, une évaluation formative aurait pris tout son sens au milieu de cette phase d’apprentissage. Un travail de groupe, comme un travail individuel, aurait pu faire l’objet d’une telle évaluation ; celle-ci aurait été utile à l’élève aussi bien qu’à l’enseignant. Elle aurait permis au premier de prendre conscience de sa progression et de ses lacunes, quant au second, elle l’aurait aidé à vérifier les acquis des élèves, dans le but d’apporter les remédiations nécessaires.

Dans le test significatif, des situations-problèmes auraient été d’avantages requises afin de pouvoir évaluer les compétences des élèves. J’aurai par exemple pu leur demander de rédiger un paragraphe pour lequel ils se seraient mis dans la peau d’un soldat allemand durant l’hiver 1914, qui écrirait à sa famille pour lui donner des nouvelles du front. Ce genre d’exercice implique une forte mise en situation de la part de l’élève, qui doit mobiliser ses connaissances sur l’époque concernée, son savoir sur la mise en page d’une lettre, etc., afin d’intégrer toutes ces ressources dans une production écrite.

Selon la théorie, et dans une situation idéale, on devrait « donner à l’élève au moins trois occasions indépendantes l’une de l’autre de démontrer sa compétence […]. On considérera qu’un élève maitrise un critère lorsqu’il réussit au moins 2 des 3 occasions qui lui sont offertes. » (F.-M. Gerard, 2008, p. 80). C’est ce qu’on appelle la règle des 2/3 ; elle permet de ne pas pénaliser trop durement l’erreur, puisque l’élève dispose du droit de se tromper une fois sur les trois tâches qui lui sont proposées, en gardant une note supérieure ou égale à la moyenne. Il aurait été intéressant de mettre en pratique cette théorie dans l’évaluation ; cela aurait permis de montrer aux élèves qu’il ne s’agit pas de faire tout juste, mais de pouvoir démontrer sa capacité dans les 2/3 des situations. 

Durant la période qui a succédé à l’évaluation, il aurait été nécessaire de consacrer du temps à la révision des compétences jugées insuffisantes dans le test. J’aurai par exemple pu imaginer divers exercices entrainant la synthèse et la comparaison de documents, tâches qui ont occasionné un obstacle pour la plupart des élèves. La capacité à donner son appréciation sur un élément ou à fournir un argument pour valider sa réponse, mériterait également qu’on y revienne, étant donné la peine et le manque d’habitude relevés par les élèves eux-mêmes à la suite du test.

 

Bilan 

Pour conclure, je souhaite relever que ce travail d’évaluation, basé sur l’apport théorique des deux ouvrages cités en bibliographie, et son analyse rétrospective, m’ont aidé à prendre conscience concrètement de la complexité de l’évaluation des compétences en classe d’histoire.

La tâche est ardue si l’on s’engage à respecter minutieusement les nombreuses étapes d’une évaluation idéale. D’autant plus que la réalité du métier et le contexte de la classe constituent souvent des obstacles à la réalisation parfaite de ces exigences.

Par conséquent, il est donc bon de connaître l’essentiel des principes relatifs à l’évaluation des compétences, afin de les appliquer autant que possible dans notre quotidien professionnel.

Je terminerai en relevant une citation extraite de l’ouvrage de Gérard Scallon, qui m’interpelle tout particulièrement :

« La compétence se définit comme un savoir-agir ou comme la capacité à mobiliser ses savoirs, savoir-faire et savoir-être ou d’autres ressources. Elle ne se réduit pas à un exercice, à une capacité abstraite, à un corpus de connaissances, ou à un ensemble de savoir-faire. La notion de compétence se démarque de la notion d’objectif, en ce qu’elle relève de la vie de tous les jours et non d’aspects d’ordre scolaire. » (2007, p.124)

 

Bibliographie

Ouvrages

GERARD F.-M., avec la coll. de Chr. Lannoye, Evaluer des compétences : guide pratique, Bruxelles : De Boeck, 2008

SCALLON Gérard, L’évaluation des apprentissages dans une approche par compétences, Bruxelles : De Boeck, 2007

Articles

L’évaluation des compétences terminales en histoire : quelques repères in BOUHON M., DAMBROISE C., Evaluer des compétences en classe d’histoire, Louvain-la-Neuve, 2002, p.15-32

Sites Internet

Cadre général de l’évaluation 

http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/dfj/sg-dfj/fichiers_pdf/CGE.pdf

Plan d’études vaudois

http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/dfj/dgeo/fichiers_pdf/PEV2008-B-789.pdf, page 111

http://francois.muller.free.fr/diversifier/index.htm, consulté le 5 juin 09

 

Annexes

Corrigé du TS

Grille des critères d’évaluation

Tableau de résultats





Commentaire personnel sur le blog

22 05 2009

Cet article a pour objectif de proposer un commentaire personnel sur l’utilisation de ce blog durant le semestre écoulé. Je débuterai mon observation avec un point négatif, pour teminer avec ce qui a constitué, selon moi, l’aspect positif dans l’emploi du blog.

Le fait d’ouvrir un blog et de s’approprier son fonctionnement pour pouvoir publier des billets, modifier le graphisme, faire des commentaires à d’autres, etc. ont occasionné un investissement  important en temps, surtout au début, lorsqu’on ne maîtrise encore par l’outil. Par ailleurs, ce semestre était déjà très lourd en termes de quantité de travaux à rendre, et ceci à intervalles rapprochées. Ces contraintes “informatiques” sont donc venues s’ajouter au travail déjà conséquent du semestre, ce qui pour moi, a consitué le point négatif dans l’utilisation du blog.

Ainsi, je me permets de suggérer qu’une prochaine fois, l’ouverture du blog et les bases de l’utilisation de celui-ci soient présentées aux étudiants lors d’un cours en salle d’informatique par exemple, afin d’éviter que chacun ne perde son temps inutilement à essayer de se débrouiller dans son coin.

Toutefois, je suis contente d’avoir découvert un tel outil et d’avoir eu l’occasion de m’en servir. Je pense que c’est important de connaître ce genre de matériaux qui s’imposent toujours plus dans notre société, et par conséquent dans notre profession. Certes, un regard critique face à leurs limites me semble nécessaire, cependant, nous devons prendre l’habitude de travailler avec les nouveaux moyens à disposition. Aussi, je pense qu’Internet, avec son vaste champ de possibilités, n’a pas fini de nous en faire découvrir!





Analyse d’un blog

8 05 2009

Ma tâche consiste à observer et évaluer le blog situé à l’adresse suivante: http://lewebpedagogique.com/cdicollegeallende/.

Il s’agit du blog du CDI (centre de documentation et d’information) du collège Salvador Allende d’Auboué, situé dans la région de la Lorraine en France.

Ce blog existe depuis peu de temps puisqu’il a été créé en octobre 2008 seulement. Il est géré par la documentaliste du collège et peut être enrichi par tous les enseignants et élèves de l’établissement qui souhaitent apporter leur contribution.

Le blog est composé de quatre rubriques, qui sont :

- la page d’accueil

- les règles de vie du CDI

- les objectifs du site

- les liens

Je vais décrire sommairement le contenu de chacune de ces rubriques dans le but de présenter le blog, puis je l’évaluerai selon certains critères et terminerai avec un avis personnel.

Afin de respecter une certaine logique, je vais commencer par la rubrique “objectifs du site”. Sur cette page, et comme son nom l’indique, les intentions des initiateurs du blog sont clairement définies. Elles se déclinent en cinq points principaux, à savoir: “faire connaître les activités du CDI à l’ensemble des élèves et du personnel du collège S. Allende”, “annoncer les projets et les sorties”, “présenter les expositions et les nouvelles acquisitions”, “mettre en ligne les productions d’élèves (affiches et panneaux) conçues lors de séances pédagogiques, ainsi que les fiches de lecture et avis rédigés par les élèves dans le cadre du club lecture” et finalement “mettre en ligne les fiches pédagogiques proposées aux classes de sixième”

Suite à la lecture de ces différents objectifs du blog, on peut relever que ce dernier s’adresse essentiellement à un public concerné par le collège Salvador Allende d’Auboué. En effet, un navigateur quelconque n’aurait pas véritablement d’intérêt à consulter ce blog, étant donné la nature des articles qui y sont publiés.

C’est sous la rubrique “accueil” que se situent tous les articles. Ces derniers y sont classés dans un ordre anachronique, puisque le plus récent apparait en première position.

La plupart des articles publiés concernent le centre de documentation et d’information du collège. Beaucoup d’entre eux présentent des livres nouvellement acquis par le CDI ; ces billets sont rédigés par des élèves participant au club de lecture de l’établissement. D’autres articles, également publiés par des élèves, racontent une sortie de classe par exemple. Diverses expositions ou manifestations auxquelles participe le collège sont parfois présentées par la documentaliste elle-même.

On peut observer que le blog est fréquemment utilisé et mis à jour, puisque le dernier billet a été publié au début de cette semaine et que chaque mois, au minimum un article a été publié depuis sa création.

Sur la page d’accueil, les archives du blog peuvent être consultées ; elles sont classées par mois de publication. Par ailleurs, une barre de recherche permet au visiteur de retrouver rapidement un article précis. De plus, toujours sur la page d’accueil, une série de liens vers des thèmes de l’actualité quotidienne sont proposés.

Sous la rubrique “les règles de vie du CDI”, on peut lire les heures d’ouverture du centre de documentation, une brève présentation de celui-ci et des modalités de prêt des ouvrages à disposition, ainsi que les diverses règles à observer dans ce lieu.

Enfin, sous la rubrique “liens”, quelques sites Internet sont suggérés, tels que des moteurs de recherche, des encyclopédies en ligne, etc.

Pour chaque rubrique, le visiteur a la possibilité de déposer un commentaire.

De plus, un agenda mensuel est visible sur toutes les pages du blog.

 

Selon moi et d’après sa définition, le blog du CDI du collège Salvador Allende d’Auboué correspond tout à fait à un blog pédagogique, puisqu’il met à la disposition de ses utilisateurs des fonctions multiples, telles que le texte et l’image (photos des sorties, couvertures de livres, affiches d’exposition, etc. illustrent les articles), dans une logique de clarté et de simplicité. De plus, ce blog s’inscrit dans une pratique de collaboration entre les différents partenaires de l’école (élèves, enseignants, documentaliste), ce qui constitue une caractéristique importante du blog pédagogique.

Je dirais que ce blog relève d’une conception pédagogique à la fois frontale et constructiviste en fonction de son contenu. Premièrement, beaucoup d’articles sont publiés par la documentaliste dans le but de transmettre des informations (annonce d’une exposition, disponibilité de nouveaux ouvrages, etc.) aux élèves ou enseignants du collège. Ceci me fait penser à une conception pédagogique dite frontale, ce qui sous-entend une transmission de savoir sans remise en question possible.

Toutefois, les élèves sont également largement impliqués dans la vie de ce blog, ce qui le dirige vers une conception pédagogique de type constructiviste. Dans ce cas, les élèves sont les principaux acteurs de la construction du savoir et effectivement, de nombreux articles du blog sont entièrement rédigés par les élèves (le récit des sorties de classe ou les comptes-rendus de lectures). Ainsi, je pense qu’on peut dire que les élèves s’approprient l’outil informatique, en y déposant des billets à l’intention de leurs camarades. L’échange socio-constructiviste me parait ici être clair.

Je tiens à signaler que je n’ai trouvé nulle part sur le blog, d’article rédigé par un enseignant. Contrairement à ce que l’on a pu lire sous la rubrique “objectifs du site”, il n’y a pas de fiches pédagogiques destinées aux élèves sur le site. La date de création de celui-ci étant récente, il est possible que l’occasion ne se soit pas encore présentée. Ce genre d’article serait alors issu d’une pratique pédagogique de type béhavioriste, les enseignants proposant des exercices aux élèves par l’intermédiaire du blog.

 

Pour terminer, je souhaite apporter mon commentaire personnel sur ce blog, que j’ai eu du plaisir à visiter pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je l’ai trouvé facile d’utilisation et agréable à lire. Très bien géré, ses rubriques sont très claires et les articles sont à la fois courts et complets. Son public n’est certes pas très étendu, mais pour les personnes appartenant à l’établissement scolaire en question, je pense que ce blog a tout son intérêt. Sa valeur réside selon moi dans l’opportunité offerte aux élèves avec la création d’un tel blog, d’expérimenter un nouvel outil et de partager des expériences avec leurs camarades.

En conclusion, je suis convaincue que ce genre de pratique réalisée avec une classe peut être très enrichissante pour tous. Elle crée une motivation supplémentaire pour les élèves en donnant du sens à leurs apprentissages (ce qui manque le plus souvent). Le simple fait de devoir publier un article sur Internet, va inciter les élèves à améliorer leur orthographe, ou leur compréhension de textes s’ils doivent en faire le compte-rendu par exemple.





Analyse de la séquence sur le film de fiction

3 05 2009

Analyse de la séquence sur le film de fiction réalisée en classe d’histoire

Mon activité sur le film de fiction “Joyeux Noël” de Christian Carion a pu être intégrée, comme il était convenu, dans une séquence sur la Première Guerre mondiale et plus spécifiquement lors d’un travail sur les conditions de vie des soldats au front. Elle a été réalisée sur l’ensemble d’une leçon de 90 minutes.

Ce jour-là, en apercevant la TV au fond de la classe, les élèves ont immédiatement été excités à l’idée de visionner un film en cours d’histoire. En effet, le monde de la télévision est le leur, tout comme les médias en généal. La plupart des jeunes ont l’habitude d’y être confrontés quotidiennement et croient le maîtriser. En outre, ils sont facilement captivés par ce qu’ils peuvent y voir.

J’ai alors réalisé combien cette leçon basée sur un film pouvait avoir un impact sur ces élèves, et les objectifs fixés pertinents. Je souhaitais en effet amener les élèves à une prise de conscience des caractéristiques, des valeurs, mais aussi des limites d’un film de fiction basé sur un fait historique notamment.

 

Face à des élèves attentifs, j’ai débuté la leçon avec une présentation de la fiche signalétique du film de Christian Carion. J’ai parlé de l’histoire de sa réalisation, de sa date de parution, afin de le situer brièvement à la classe avant d’entrer dans les activités s’y rapportant.

Les fiches de travail ont été distribuées et j’ai alors demandé aux élèves de lire attentivement les questions relatives à la première activité. Suite à cette lecture, différentes interrogations ou exclamations ont été émises dans les rangs, notamment la surprise de devoir « regarder un film  sans images ». J’ai décidé de ne pas y répondre, désirant maintenir le suspens le plus longtemps possible.

L’écoute de l’extrait a suscité de l’émotion au sein de la classe. La musique de fond et les bruits provenant des hommes provoquant un climat d’angoisse que les élèves ont très bien ressenti. Pas un mot dans les rangs, les quinze élèves paraissaient plongés dans l’extrait, transportés, touchés par ce qu’ils entendaient. Suite à cette première écoute, ils ont demandé quelques minutes pour répondre aux questions. Cependant, une deuxième écoute n’a pas été nécessaire. Je pense que les élèves ont été suffisamment attentifs dès le début pour être capables de répondre aux questions. De plus, l’extrait était court, et les bruitages explicites. Deux écoutes n’ont été utiles ni pour la deuxième, ni pour la troisième activité.

Contrairement à ce qui était prévu initialement, j’ai choisi de ne pas exécuter les arrêts entre les exercices pour la mise en commun des réponses. Celle-ci m’a paru plus logique d’être menée en une seule fois et après les trois tâches réalisées, afin de ne pas couper l’élan des élèves, ou de donner des éléments de réponse en avance sur ce qui allait venir dans l’activité suivante.

Par rapport à cette première phase de travail, je suis très satisfaite de la façon dont elle s’est déroulée et ce à quoi elle a abouti. En effet, les élèves y ont participé avec entrain. De plus, leurs réflexion lors de la mise en commun ont démontré qu’ils avaient pris conscience que l’image et le son, bien que tous les deux constitutifs du genre « film », apportent des renseignements différents et véhiculent des émotions distinctes sur l’histoire racontée. Le premier objectif d’apprentissage concernant l’exercice d’écoute et d’observation d’un document audiovisuel me semble donc parfaitement atteint.

 

Nous avons passé ensuite à la seconde phase de la séquence, dédiée à l’analyse de documents-sources puis à leur comparaison avec l’extrait du film. J’avais pour cela sélectionné trois témoignages de soldats allemands et français relatant leurs conditions de vie dans les tranchées.

J’ai décidé de lire moi-même ces témoignages aux élèves, afin qu’ils n’aient qu’à se concentrer sur le contenu et ne soient pas dérangés par la lecture. Très attentifs, ils semblaient à nouveau touchés par ces récits lus à haute voix.

Les élèves ont ensuite bénéficié d’une quinzaine de minutes pour réaliser les tâches en lien avec ces témoignages, que nous avons finalement mises en commun avant la fin de l’heure.

D’après les réponses données par les élèves lors de cette phase, j’ai pu constater qu’ils avaient globalement bien saisi les différences existant entre la source historique (dans ce cas, les témoignages) et le film de fiction basé sur des faits historiques. Ceci constituait le second objectif d’apprentissage, lui-aussi pouvant ainsi être considéré comme atteint.

La plupart des élèves a néanmoins relevé que le film de fiction disposait d’avantages non négligeables pour intéresser et émouvoir le spectateur (l’image et le son), et qu’eux-mêmes étaient plus facilement captivés par le film, bien que conscients dès lors de ses faiblesses sur le plan historique.

 

Dans le but d’améliorer la séquence, quelques questions ont été modifiées ou supprimées par rapport à celles présentées lors du premier billet. Les questions de la troisième activité notamment. En effet, il m’a semblé important de laisser s’exprimer les élèves sur leur ressenti par rapport à ce qu’ils venaient de visionner ; et puisque cette activité concluait le travail sur le son et l’image, il s’agissait d’aboutir à une petite synthèse.

Les consignes des exercices me semblent être opérationnalisables, et la pratique l’a confirmé, étant donné que les élèves n’ont pas rencontré de problèmes particuliers pour mener leur travail à bien.

Relativement à la taxonomie de B. Bloom, je pense que les activités de cette séquence atteignent progressivement un niveau élevé. Les premiers exercices requièrent des connaissances que les élèves ont sur le sujet et la compréhension de ce qu’ils visionnent ou entendent ; puis au fil des questions, les élèves doivent se détacher du contenu du film ou des témoignages pour affirmer une opinion personnelle et un jugement critique sur ces documents. Ainsi, on passe du niveau “1 : connaissance” en début de séquence pour aboutir au niveau “6 : évaluation” au terme de la leçon.





L’évaluation en classe d’histoire

24 04 2009

Travail sur l’évaluation en histoire

Présentation du dispositif d’enseignement à l’origine du test significatif

La classe avec laquelle j’ai réalisé la séquence d’enseignement suivante est une 9ème VSO, composée de 15 élèves. J’ai débuté un stage dans cette classe au mois de février, je ne connaissais donc, au moment de débuter cette séquence, ni les élèves ni leurs habitudes de travail en cours d’histoire, ce qui me semble important d’être précisé à ce stade.

Conformément aux instructions reçues par leur maître d’histoire précédent, j’ai débuté mon enseignement dans cette classe avec un nouveau sujet appartenant au programme de 9ème année, à savoir l’impérialisme européen au début du XXème siècle et la Première Guerre mondiale.

Les objectifs que j’avais fixés pour cette séquence étaient les suivants : acquérir des capacités permettant l’analyse d’un événement historique dans son ensemble pour en dégager les causes et les conséquences. Je souhaitais également que les élèves prennent peu à peu l’habitude d’émettre un jugement critique, et de proposer leur opinion personnelle sur les faits passés et les documents présentés.

La compétence visée du PEV correspondant à ces objectifs est celle-ci : « Mettre en perspective les faits présents et passés, pour en rechercher leurs conditions d’émergence, leurs causes et leurs conséquences, dans leurs dimensions multiples ». Les deux compétences associées à cette dernière étant : « Décrire et dégager le caractère propre d’un événement, d’une situation, d’une évolution » et « Rechercher et établir des relations en comparant et en distinguant des informations tirées de différents documents et instruments de travail ».

Ce sont donc ces compétences qui ont été travaillées durant les cours et qui ont été évaluées lors du test significatif, conformément au cadre général d’évaluation[1].

Chaque leçon de 90 minutes était constituée d’une partie théorique, agrémentée d’une fiche, qui permettait d’avancer dans la chronologie, puis d’un temps consacré à l’étude de documents divers (photos, images, lettres, extrait de film) qui aboutissait à une réflexion autour de ces derniers sur leur valeur ou leur intérêt.

Rapidement, je me suis aperçue que les élèves de cette classe n’avaient pas l’habitude d’étudier l’histoire de cette manière, ils ne disposaient d’aucune méthodologie leur permettant d’analyser des documents. Une marche à suivre a donc été réalisée collectivement durant l’une des premières leçons. Puis, au fil des semaines, les élèves ont eu l’occasion, seuls ou par petits groupes, de confronter des documents de nature diverse, toujours en lien avec le thème principal.

La séquence élaborée autour du film de fiction « Joyeux Noël » de Christian Carion a été réalisée en classe dans cette même période. Elle s’inscrivait parfaitement dans les objectifs fixés, puisqu’elle permettait l’étude d’un document filmique, ainsi que sa comparaison avec des sources historiques.

Conception argumentée du test significatif

J’ai annoncé rapidement la date du test aux élèves, afin qu’ils puissent s’y préparer au plus vite. Par ailleurs, chaque semaine, je planifiais un temps en fin de leçon, destiné à la synthèse des éléments vus durant la séance. Les élèves réalisaient eux-mêmes ce bilan, sous des formes variées (par écrit, par oral, individuellement ou par deux, …), ce qui leur permettait déjà de faire le point sur l’essentiel du cours. En effet, je me suis aperçue que ces élèves ne parviennent pas toujours à distinguer les éléments à mémoriser de ceux qui ne le sont pas. Ils ont plutôt tendance à penser que tout ce qui est vu en cours doit être su par cœur, sans même s’interroger sur leur intérêt.

Je les ai donc prévenus sur le fait que le test allait également évaluer leur capacité à analyser un document, et non seulement vérifier leurs connaissances sur le sujet.

Avec l’accord de mon praticien-formateur, j’ai décidé que le test durerait 45 minutes, en sachant que cela constituait déjà un effort important pour des élèves de VSO. Le test a été fixé au jeudi 2 avril, juste avant les vacances.

Lorsqu’on se réfère au cadre général de l’évaluation, on peut lire qu’une discipline enseignée à raison de deux périodes hebdomadaires, exige un minimum de quatre travaux significatifs annuels. Celui-ci allait constituer la quatrième note, et nous désirions, mon praticien formateur et moi-même, en réaliser encore une cinquième d’ici la fin de l’année, étant donné que le temps le permet.

J’ai construit mon test[2] en gardant à l’esprit les compétences du PEV à évaluer, celles qui avaient été travaillées en classe. Les TS est constitué de trois parties, chacune d’entre elles s’articulant autour d’un document ou d’un thème particulier.

La première partie du test s’intéresse aux alliances militaires conclues entre différents pays européens au début du XXe siècle. Ce sujet avait été largement vu en classe car il me semblait important d’être bien intégré par les élèves, étant donné son importance dans le déclenchement de la guerre. Les quatre questions du test s’y référant demandent principalement de la restitution de connaissances ; un petit peu de logique et de réflexion personnelle permettent de répondre aux questions c et d. Sur le plan taxonomique, les questions a, b et une partie de la c se situent au niveau « 1. Connaissance », alors que la question d et une partie de la c relèvent d’un niveau « 4. Analyse ».

La deuxième partie du test s’articule autour d’une carte représentant le front occidental ouest en 1914. J’ai commencé par poser plusieurs questions de niveau « 2. Application » de la taxonomie de Bloom, pour lesquelles les élèves sont obligés d’observer correctement le document (donner un titre, relever les pays visibles sur la carte, définir l’année des événements relatés par la carte). La dernière question de cette seconde partie fait appel aux connaissances des élèves relativement aux événements présents sur la carte, il s’agit donc à nouveau du niveau « 1. Connaissance » de la taxonomie.

La troisième partie est construite autour d’une lettre de soldat, pour laquelle les élèves doivent déterminer l’auteur, le destinataire, la nature du document et sa valeur. Pour chacune des questions, une justification est demandée, afin d’exiger des élèves une réflexion, voire une implication personnelle. Toutes les questions de cette troisième partie relèvent donc bien du niveau taxonomique « 4. Analyse », puisqu’elles impliquent une analyse du contenu de la lettre, qui n’avait jamais été lue en classe, et une évaluation de son intérêt dans la question d.

Le test se termine avec une question de niveau « 6. Evaluation » de la taxonomie, puisqu’elle requière de la part de l’élève, une comparaison entre le document textuel de la partie précédente et l’extrait du film de fiction visionné la semaine d’avant en classe. L’énoncé sollicite l’élève à donner son propre avis sur ces deux documents de nature diverse et de le justifier.


[1] http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/dfj/sg-dfj/fichiers_pdf/CGE.pdf

[2] Voir test en annexe

TS l’analyse de doc.





Documents élèves activité sur le film Joyeux Noël

9 03 2009

Activités autour du film de fiction de Christian Carion Joyeux Noël

Activité 1

  • š Tu vas entendre un extrait du film mais tu ne verras pas les images.
  • š Lis attentivement la consigne et les questions auxquelles tu vas devoir répondre.
  • š Note dans le tableau ci-dessous, les éléments que tu auras pu repérer à l’écoute de cette séquence. Concentre-toi donc uniquement sur les sons (bruits, musique, etc.).
Où sommes-nous ?Qu’est-ce qui le prouve ?  
Une personne est présente- qui est-ce ?- quel sentiment semble-t-elle éprouver ?  
Quels bruits de fond entends-tu constamment ?  
Qu’évoque la musique ?  
Sur quel ton l’homme s’adresse-t-il aux autres ?  
De quelle nationalité sont les personnes présentes ?Comment le sais-tu ?  
A quel moment de l’année sommes-nous ?Et en quelle année ?  
D’après les sons entendus (bruits, paroles), que se passe-t-il durant la séquence visionnée ?  

 

Activité 2

  • š Cette fois, tu verras un extrait du film Joyeux Noël sans le son.
  • š Lis attentivement la consigne et les questions auxquelles tu vas devoir répondre.
  • š Note dans le tableau ci-dessous, les éléments que tu auras pu repérer à la vue de cette séquence. Concentre-toi donc uniquement sur les images (lieux, vêtements, objets, expressions, etc.).
Décris l’uniforme des hommes présents.  
Où se trouvent ces hommes ?Décris ce lieu.  
Quelles expressions peux-tu lire dans leurs regards ?  
Quels objets repères-tu dans les mains des soldats ?  
Pour quelles raisons ont-ils cela avec eux d’après toi ?  
Quelles armes utilisent-ils ?  
Au moment de l’attaque, décris le terrain.  
Cet extrait est-il le même que celui écouté avant ?  
   

 

Activité 3

Réponds aux questions ci-dessous après avoir vu l’extrait de Joyeux Noël une troisième fois, en version habituelle :

  • En visionnant la séquence agrémentée de sons et d’images, quels sont tes sentiments ?
  • Sont-ils différents par rapport à ce que tu as ressenti en étant privé du son ou de la vue? Pour quelles raisons d’après toi ?
  • Comment pourrais-tu vérifier si les éléments de ce film sont historiquement vrais?

 

 Comparaison avec des sources historiques

  • š Lis attentivement les témoignages suivants[1]. Lors d’une seconde lecture, souligne dans ces récits, les informations qui sont données concernant les conditions dans lesquelles vivent les soldats:

« Accompagné du Lieut. Brosseau, je vais aux tranchées reconnaître notre nouveau secteur. Nous y passons la journée. [...]. Saint-Eloi une petite ville de quelque mille âmes qui est complètement rasée et qu’on retrouve en consultant la carte seulement. Nous visitons aussi toutes les tranchées. [...] Je n’ai jamais vue encore un spectacle aussi triste. Enfin c’est ça la guerre. Aux environs et à Saint-Eloi le terrain est complètement convulsionné ; il ne reste plus un brin d’herbe. Il n’y a qu’une succession de trous faits par les obus, il n’y a plus aucun signe de tranchées. L’air est saturé d’une odeur qui nous prend à la gorge, en raison de tous ces morts que l’on voit partout et qui sont déjà en décomposition. Nous avons rencontré plusieurs blessés qui nous supplient pour une gorgée d’eau. Nous avons passé une couple d’heures à faire évacuer ces pauvres diables. [...] Pour rendre ce spectacle encore plus lamentable, il y a quelques corbeaux qui voltigent d’un mort à un autre. »

Journal inédit du major-général Th.-L. Tremblay du 22e rég. canadien, in M. Litalien, S. Thibault ; Les tranchées, le quotidien de la guerre 1914-1918, Athena, 2004, p. 125.

 

1915 « Je ne sais si je pourrais dormir dans un lit à présent, on est habitué à coucher par terre ou sur la paille quand on peut en trouver. Il y a bien deux mois que je ne me suis pas déshabillé, et j’ai enlevé mes souliers cette nuit pour dormir ; il y avait au moins quinze jours que je ne les avais pas quittés.

Je vais te donner quelques détails comment nous avons passé la nuit dans la tranchée. Celle que nous avons occupée [...] a une longueur de cent mètres à peu près [...] ; elle est profonde d’un mètre, la terre rejetée en avant, ce qui fait que l’on peut passer debout sans être vu. La largeur est généralement de quinze centimètres et l’on fait de place en place des endroits un peu plus larges de façon à pouvoir se croiser quand on se rencontre. Dans le fond de la tranchée et sous le terrain, on creuse de petites caves où un homme peut tenir couché, c’est pour se garantir des éclats d’obus.

              Adolphe Wegel, soldat allemand

 

“Le secteur est véritablement intenable. Nous subissons à la fois toutes les souffrances, toutes les misères, toutes les privations dont les poilus peuvent être frappés: la pluie, la boue, la glace, la neige, le froid, la faim, la soif, les poux, le bombardement [...] Depuis 6 jours que nous sommes dans cette tranchée répugnante, nous n’avons pas eu la bonne fortune de voir luire le soleil un instant.

[...] Le ravitaillement est devenu à peu prés impossible: les hommes qui se rendent la nuit à la corvée de soupe reviennent avec des boules de pain trempées dans la boue, parfois, ils ne reviennent pas du tout, fauchés par les obus ou égarés dans les ténèbres de la nuit… ou encore épuisés, ne pouvant plus marcher [...] Nous sommes torturés par la faim et la soif; aussi nous devons nous décider à boire l’eau boueuse, infecte, croupie des trous d’obus. Chaque jour, des hommes ont les pieds gelés et doivent être évacués.”   

                     Extrait de Secteurs d’enfer, de P. Clair, Tallandier, 1931.

 

 

  • š Réponds maintenant aux questions ci-dessous qui sont en lien avec les témoignages que tu viens de lire et avec le film Joyeux Noël :

 En fonction des éléments que tu as soulignés, quelles sont les conditions de vie des soldats dans les tranchées ? Relève quelques éléments du texte qui appuient ton propos.

 

Qui sont les auteurs de ces témoignages ?

Quelle est la grande différence entre ces personnes et le réalisateur du film Joyeux Noël ?

Qu’est-ce que cela change au fond ? Argumente ta réponse.

 A tes yeux, est-ce un film comme Joyeux Noël ou une lettre de soldat qui présente la plus grande valeur historique ?

 Pour quelles raisons ?

 Que possède le film de fiction de plus qu’une lettre pour émouvoir le spectateur ?

 Lorsqu’on est ému, cela veut-il dire que ce qu’on nous montre est vrai ?

 Et si le réalisateur d’un film se documente beaucoup sur son sujet en lisant de nombreux témoignages par exemple, son film sera plus proche de la réalité historique. Quelle différence persistera ?

 Peut-on se contenter de regarder des films de fiction pour comprendre l’histoire ? Justifie ta réponse.

Quels autres documents que la lettre pourraient nous aider à comprendre et à s’imaginer des événements historiques ?

 


[1] Ces témoignages sont issus d’une activité tirée du site internet http://www.tacite.ch/index.php/fr/histoire-4/ et de Histoire 1re ES, L, S, J.-M. Lambin, Hachette éducation, 2007





Activité autour du film de fiction “Joyeux Noël”

9 03 2009

Activité autour du film de fiction Joyeux Noël

affiche_joyeux_noel_2004_1Affiche officielle du film, extraite du site de ce dernier

 

Fiche signalétique sur le film[1]

Le film de Christian Carion, Joyeux Noël, est sorti dans les salles françaises en novembre 2005. Le réalisateur présentait ainsi son second film de fiction, après Une hirondelle a fait le printemps paru 2001.

Joyeux Noël  est un film français, bien que les acteurs proviennent de multiples origines. Ce choix du réalisateur a été fait dans le but de réunir sur le plateau, tout comme l’étaient les soldats au front, différentes nationalités (anglais, français, allemand). Les acteurs ont donc tourné le film dans leur langue d’origine, afin de donner un côté plus « vrai » à la fiction.

Ainsi, les acteurs principaux du film sont Diane Krüger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Danny Boon, Gary Lewis et Steven Robertson.

 

Le producteur de Joyeux Noël est Christophe Rossignon pour Nord-Ouest Production et la musique du film a été composée par Philippe Rombi.

En termes de coûts, le film a couté 18.15 millions d’euros, pour une durée de 116 minutes.

Synopsis

Lorsque la guerre surgit, au creux de l’été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d’hommes.

Nikolaus Sprink, prodigieux ténor de l’opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa carrière et surtout à celle qu’il aime : Anna Sörensen, soprano et partenaire de chant…

Le prêtre anglican Palmer s’est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l’église. Ils quittent leur Écosse, l’un comme soldat, l’autre comme brancardier…

Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l’ennemi. Depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune femme a probablement déjà accouché. À moins que le pire ne soit arrivé… Ne rien savoir est la souffrance qui mine toutes les nuits du lieutenant Audebert.

Et puis, avec la neige, Noël est arrivé, et son cortège de cadeaux des familles et des États Majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes. Car l’impensable se produit. On va poser le fusil un instant, pour aller, une bougie à la main, voir celui d’en face, lui serrer la main, échanger avec lui cigarettes et chocolat. Et lui souhaiter «Joyeux Noël !»

 

Histoire du film

Christian Carion a grandi dans une ferme du nord de la France. Il a donc été très vite confronté au passé de cette région, avec les histoires et les vestiges restés sur place. Un jour, il entend parler des fraternisations qui ont eu lieu la première veille de Noël de la guerre, en 1914. Il entreprend alors des recherches et découvre une multitude d’archives, notamment en Angleterre, confirmant l’existence de ces fraternisations.

Ceci le décide à réaliser un film de fiction, mais basé sur des faits réels. En effet, tous les événements du film ont bien eu lieu autour de Noël 1914, mais en différents endroits du front. En outre, le scénariste et réalisateur Christian Carion a du choisir, organiser, et parfois adapter certains épisodes réels afin de créer l’histoire de Joyeux Noël telle que nous la visionnons aujourd’hui.

Deux historiens ont collaboré à ce film, notamment Rémi Cazals, spécialiste de la Grande Guerre.

Thèmes du film

Joyeux Noël traite de nombreux thèmes liés à la Première Guerre mondiale, qu’il est possible de travailler en classe. Il aborde par exemple la question des causes du conflit au tout début du film, les tranchées y sont également largement représentées, la fraternisation ainsi que la censure, les difficultés de compréhension entre les soldats et leurs commandants, et enfin la déportation.

 

Cependant, un thème principal parcourt l’œuvre, il s’agit des fraternisations de Noël 1914. Selon les archives, elles auraient concernés des milliers de combattants à l’époque, mais sont néanmoins restées largement ignorées en France jusqu’à ces dernières années. En effet, la hiérarchie militaire a longtemps cherché à les cacher, pensant qu’elles pouvaient nuire à son image et à son autorité. De plus, les historiens les ont également mises de côté, les considérant plus comme des anecdotes que comme des faits historiques importants.

En Angleterre, la situation est bien différente, puisque dès le mois de janvier 1915, des journaux rapportaient le phénomène. Quant à la Russie, les fraternisations, préludes à des mutineries, seraient partie prenantes de la Révolution de 1917, acquérant ainsi une dimension historique.

 

Lieu du tournage

Christian Carion souhaitait que le film puisse être entièrement réalisé sur les terres françaises, pour être le plus proche de la réalité historique. Cependant, l’armée française a refusé de prêter ses terrains pour tourner un film qui lui semblait relater un élément de son passé sans importance. Quelques scènes seulement ont donc pu être filmées dans le Nord de la France, mais la plupart ont été tournées en Roumanie et en Ecosse.

 

 

Les activités envisagées en classe

Nous étudions la Première Guerre mondiale avec la classe de 9ème VSO et mon idée était de consacrer une séance (90 minutes) au moins sur les conditions de vie des soldats au front. J’ai donc décidé d’intégrer dans cette leçon, une activité autour d’une séquence du film Joyeux Noël, à partir de laquelle nous pourrions étudier cet aspect du conflit.  

Séquence choisie

J’ai choisi la séquence qui débute à la 7ème minute et se termine à la 11ème, c’est-à-dire la première scène du film qui se déroule dans une tranchée. On peut y voir un lieutenant souffrant de sa condition, puis donnant l’ordre d’attaquer à ses soldats qui eux aussi présentent de nombreux signes d’angoisse et de tristesse, et enfin l’offensive sanglante.

Justification

J’ai délibérément choisi de travailler sur une séquence relativement courte du film, d’abord pour une question de temps, mais également par rapport à la difficulté du travail. En effet, il me semble préférable d’analyser une séquence brève avec des élèves, étant donné que l’activité ne porte pas sur le sens général du film, mais sur des éléments pouvant être observés dans une seule scène. De plus, l’extrait choisi comprend une variété intéressante de faits à analyser.

Activités envisagées en classe

Les activités se réaliseront sur la base de questionnaires que les élèves devront lire avant d’être confrontés aux extraits, afin d’avoir en tête les diverses questions.

1.       La première activité portera sur l’analyse des éléments sonores de la séquence. J’ai choisi de ne pas montrer les images aux élèves pour cette partie-là, afin qu’ils mobilisent toute leur attention sur les sons perçus.

Nous discuterons ensemble des réponses obtenues lors de cette écoute.

2.      La seconde activité sera basée sur des questions relatives à l’image. Nous regarderons donc cette fois l’extrait avec les images, mais sans le son, afin que l’attention ne soit portée cette fois-ci, que sur les images qui défilent.

Nouvelle mise en commun des réponses des élèves et discussion.

3.      La classe visionnera finalement la scène une troisième fois avec le son et l’image, et répondra à différentes questions propres à la situation d’écoute.

Mise en commun des réponses et discussion.

Après cette première série d’activités basées sur le film uniquement, je souhaite présenter des documents historiques aux élèves (témoignages de soldats), sur lesquels nous travaillerons, afin d’établir une comparaison avec ce qui aura été dit sur le film de Christian Carion.

Objectifs

Les objectifs de cette séquence sont premièrement d’exercer l’écoute et l’observation des élèves sur un document audiovisuel afin qu’ils soient capables d’en dégager les éléments essentiels pour pouvoir le situer dans son contexte. Dans un deuxième temps, il s’agit d’amener les élèves à prendre conscience des différences existant entre les sources historiques et le film de fiction basé sur des faits historiques. Ils devront être capables de distinguer les deux, en s’appuyant sur des éléments concrets.

Relativement au PEV, cette activité travaille la compétence visée « Exploiter un document historique selon sa nature et son contexte propre », et plus spécifiquement la compétence associée « Dégager et commenter les informations principales d’un documents textuel ou iconographique ».

documents-eleves2

Bibliographie

CONDE M., et alii, A l’école du cinéma : exploiter le film de fiction dans l’enseignement secondaire, De Boeck, Bruxelles, 2006, 219p.

 

Histoire 1re L, ES, S, éd Belin, coll. Bourquin, 2007

 

Histoire 1re ES, L, S, J.-M. Lambin, Hachette éducation, 2007

 

Site officiel du film, consulté le 1er mars 2009 :

http://www.joyeuxnoel-lefilm.com/index.htm

 

Site consulté le 22 février 2009 :

http://cinehig.clionautes.org/spip.php?article192

 

Site consulté le 7 mars 2009 :

http://ww2.ac-poitiers.fr/hist_geo/spip.php?article305

 

Site consulté le 22 février 2009 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joyeux_No%C3%ABl_(film)

 

Site consulté 7 mars 2009 :

http://www.tacite.ch/index.php/fr/histoire-4/

 

 


 

 





Choix du film “Joyeux Noël”

22 02 2009

La classe dans laquelle j’enseigne l’histoire durant ce semestre est une 9ème VSO composée de 16 élèves. Nous bénéficions par conséquent de deux périodes hebdomadaires d’histoire.

La Première guerre mondiale constitue le sujet que nous allons étudier dans les semaines à venir. Je souhaite donc réaliser mon activité autour d’un film de fiction sur ce thème. Et pour cela, j’ai choisi le film de Christian Carion, paru en 2005: “Joyeux Noël”.

Il me semble intéressant de pouvoir travailler sur un film très contemporain relatant un événement qui s’est déroulé il y a bientôt un siècle. Le recul dont le réalisateur a bénéficié, peut être, selon moi, un aspect pertinant par lequel aborder le film avec les élèves.

En outre, l’oeuvre traite principalement du quotidien des soldats et des moyens utilisés par ces derniers pour survivre psychologiquement à l’horreur des tranchées (la fraternité, la musique, les lettres, les photos).  Aussi, sur la base d’un extrait de ce film, j’imagine réaliser une activité autour de la condition du soldat au front.








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