Activité autour du film de fiction “Joyeux Noël”

9 03 2009

Activité autour du film de fiction Joyeux Noël

affiche_joyeux_noel_2004_1Affiche officielle du film, extraite du site de ce dernier

 

Fiche signalétique sur le film[1]

Le film de Christian Carion, Joyeux Noël, est sorti dans les salles françaises en novembre 2005. Le réalisateur présentait ainsi son second film de fiction, après Une hirondelle a fait le printemps paru 2001.

Joyeux Noël  est un film français, bien que les acteurs proviennent de multiples origines. Ce choix du réalisateur a été fait dans le but de réunir sur le plateau, tout comme l’étaient les soldats au front, différentes nationalités (anglais, français, allemand). Les acteurs ont donc tourné le film dans leur langue d’origine, afin de donner un côté plus « vrai » à la fiction.

Ainsi, les acteurs principaux du film sont Diane Krüger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Danny Boon, Gary Lewis et Steven Robertson.

 

Le producteur de Joyeux Noël est Christophe Rossignon pour Nord-Ouest Production et la musique du film a été composée par Philippe Rombi.

En termes de coûts, le film a couté 18.15 millions d’euros, pour une durée de 116 minutes.

Synopsis

Lorsque la guerre surgit, au creux de l’été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d’hommes.

Nikolaus Sprink, prodigieux ténor de l’opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa carrière et surtout à celle qu’il aime : Anna Sörensen, soprano et partenaire de chant…

Le prêtre anglican Palmer s’est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l’église. Ils quittent leur Écosse, l’un comme soldat, l’autre comme brancardier…

Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l’ennemi. Depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune femme a probablement déjà accouché. À moins que le pire ne soit arrivé… Ne rien savoir est la souffrance qui mine toutes les nuits du lieutenant Audebert.

Et puis, avec la neige, Noël est arrivé, et son cortège de cadeaux des familles et des États Majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes. Car l’impensable se produit. On va poser le fusil un instant, pour aller, une bougie à la main, voir celui d’en face, lui serrer la main, échanger avec lui cigarettes et chocolat. Et lui souhaiter «Joyeux Noël !»

 

Histoire du film

Christian Carion a grandi dans une ferme du nord de la France. Il a donc été très vite confronté au passé de cette région, avec les histoires et les vestiges restés sur place. Un jour, il entend parler des fraternisations qui ont eu lieu la première veille de Noël de la guerre, en 1914. Il entreprend alors des recherches et découvre une multitude d’archives, notamment en Angleterre, confirmant l’existence de ces fraternisations.

Ceci le décide à réaliser un film de fiction, mais basé sur des faits réels. En effet, tous les événements du film ont bien eu lieu autour de Noël 1914, mais en différents endroits du front. En outre, le scénariste et réalisateur Christian Carion a du choisir, organiser, et parfois adapter certains épisodes réels afin de créer l’histoire de Joyeux Noël telle que nous la visionnons aujourd’hui.

Deux historiens ont collaboré à ce film, notamment Rémi Cazals, spécialiste de la Grande Guerre.

Thèmes du film

Joyeux Noël traite de nombreux thèmes liés à la Première Guerre mondiale, qu’il est possible de travailler en classe. Il aborde par exemple la question des causes du conflit au tout début du film, les tranchées y sont également largement représentées, la fraternisation ainsi que la censure, les difficultés de compréhension entre les soldats et leurs commandants, et enfin la déportation.

 

Cependant, un thème principal parcourt l’œuvre, il s’agit des fraternisations de Noël 1914. Selon les archives, elles auraient concernés des milliers de combattants à l’époque, mais sont néanmoins restées largement ignorées en France jusqu’à ces dernières années. En effet, la hiérarchie militaire a longtemps cherché à les cacher, pensant qu’elles pouvaient nuire à son image et à son autorité. De plus, les historiens les ont également mises de côté, les considérant plus comme des anecdotes que comme des faits historiques importants.

En Angleterre, la situation est bien différente, puisque dès le mois de janvier 1915, des journaux rapportaient le phénomène. Quant à la Russie, les fraternisations, préludes à des mutineries, seraient partie prenantes de la Révolution de 1917, acquérant ainsi une dimension historique.

 

Lieu du tournage

Christian Carion souhaitait que le film puisse être entièrement réalisé sur les terres françaises, pour être le plus proche de la réalité historique. Cependant, l’armée française a refusé de prêter ses terrains pour tourner un film qui lui semblait relater un élément de son passé sans importance. Quelques scènes seulement ont donc pu être filmées dans le Nord de la France, mais la plupart ont été tournées en Roumanie et en Ecosse.

 

 

Les activités envisagées en classe

Nous étudions la Première Guerre mondiale avec la classe de 9ème VSO et mon idée était de consacrer une séance (90 minutes) au moins sur les conditions de vie des soldats au front. J’ai donc décidé d’intégrer dans cette leçon, une activité autour d’une séquence du film Joyeux Noël, à partir de laquelle nous pourrions étudier cet aspect du conflit.  

Séquence choisie

J’ai choisi la séquence qui débute à la 7ème minute et se termine à la 11ème, c’est-à-dire la première scène du film qui se déroule dans une tranchée. On peut y voir un lieutenant souffrant de sa condition, puis donnant l’ordre d’attaquer à ses soldats qui eux aussi présentent de nombreux signes d’angoisse et de tristesse, et enfin l’offensive sanglante.

Justification

J’ai délibérément choisi de travailler sur une séquence relativement courte du film, d’abord pour une question de temps, mais également par rapport à la difficulté du travail. En effet, il me semble préférable d’analyser une séquence brève avec des élèves, étant donné que l’activité ne porte pas sur le sens général du film, mais sur des éléments pouvant être observés dans une seule scène. De plus, l’extrait choisi comprend une variété intéressante de faits à analyser.

Activités envisagées en classe

Les activités se réaliseront sur la base de questionnaires que les élèves devront lire avant d’être confrontés aux extraits, afin d’avoir en tête les diverses questions.

1.       La première activité portera sur l’analyse des éléments sonores de la séquence. J’ai choisi de ne pas montrer les images aux élèves pour cette partie-là, afin qu’ils mobilisent toute leur attention sur les sons perçus.

Nous discuterons ensemble des réponses obtenues lors de cette écoute.

2.      La seconde activité sera basée sur des questions relatives à l’image. Nous regarderons donc cette fois l’extrait avec les images, mais sans le son, afin que l’attention ne soit portée cette fois-ci, que sur les images qui défilent.

Nouvelle mise en commun des réponses des élèves et discussion.

3.      La classe visionnera finalement la scène une troisième fois avec le son et l’image, et répondra à différentes questions propres à la situation d’écoute.

Mise en commun des réponses et discussion.

Après cette première série d’activités basées sur le film uniquement, je souhaite présenter des documents historiques aux élèves (témoignages de soldats), sur lesquels nous travaillerons, afin d’établir une comparaison avec ce qui aura été dit sur le film de Christian Carion.

Objectifs

Les objectifs de cette séquence sont premièrement d’exercer l’écoute et l’observation des élèves sur un document audiovisuel afin qu’ils soient capables d’en dégager les éléments essentiels pour pouvoir le situer dans son contexte. Dans un deuxième temps, il s’agit d’amener les élèves à prendre conscience des différences existant entre les sources historiques et le film de fiction basé sur des faits historiques. Ils devront être capables de distinguer les deux, en s’appuyant sur des éléments concrets.

Relativement au PEV, cette activité travaille la compétence visée « Exploiter un document historique selon sa nature et son contexte propre », et plus spécifiquement la compétence associée « Dégager et commenter les informations principales d’un documents textuel ou iconographique ».

documents-eleves2

Bibliographie

CONDE M., et alii, A l’école du cinéma : exploiter le film de fiction dans l’enseignement secondaire, De Boeck, Bruxelles, 2006, 219p.

 

Histoire 1re L, ES, S, éd Belin, coll. Bourquin, 2007

 

Histoire 1re ES, L, S, J.-M. Lambin, Hachette éducation, 2007

 

Site officiel du film, consulté le 1er mars 2009 :

http://www.joyeuxnoel-lefilm.com/index.htm

 

Site consulté le 22 février 2009 :

http://cinehig.clionautes.org/spip.php?article192

 

Site consulté le 7 mars 2009 :

http://ww2.ac-poitiers.fr/hist_geo/spip.php?article305

 

Site consulté le 22 février 2009 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joyeux_No%C3%ABl_(film)

 

Site consulté 7 mars 2009 :

http://www.tacite.ch/index.php/fr/histoire-4/

 

 


 

 


Actions

Information

4 réponses

16 03 2009
Julien Eggenberger

Alors voilà quelques commentaires sur cette activité très intéressante et originale. Je n’ai pas vu ce film ce qui rend le travail de commentateur un peu plus ardu.

Pour les détails de mise en oeuvre, il me semble que chaque partie d’activité devrait faire l’objet de deux visionnements/auditions pour permettre une plus grande qualité des réponses.

Une petite critique peut-être sur la formulation de l’objectif (différence histoire et fiction) alors que les premières activités dont l’objectif semblent plutôt être des éléments liés à l’ambiance et au contexte. Un objectif supplémentaire pourrait être énoncé.

Finalement, il serait peut-être utile pour aller dans le sens de ton premier objectif que tu réalises un tableau comparatif film-témoignages sur plusieurs items de manière à faciliter l’idée de comparaison.

16 03 2009
Cloé Goy

Merci pour ce commentaire, je vais m’en inspirer pour compléter ma séquence!

16 03 2009
Marguet Denis

Je pense que le choix du film “Joyeux Noël” convient parfaitement pour traiter de la Première Guerre mondiale.
L’activité travaille autour de l’image et du son en priorité. Je trouve intéressant de diviser le travail sur la séquence du film en trois étapes (son uniquement; image uniquement; image et son ensemble).
Les consignes de l’activité correspondent à des énoncés opérationnalisables et le niveau 4 de la taxonomie de Bloom me semble atteint.
Le choix des différentes sources historiques est intéressant et le questionnaire faisant la distinction entre film et histoire pertinent.
Cette activité me paraît donc très cohérente dans son ensemble et répond aux diverses exigences de la grille d’évaluation.

16 03 2009
Julien Dietschy

Je ne connais pas le film, je ne peux donc pas juger de sa pertinence, d’après la description il semble convenir.

J’apprécie que tu aies mis un témoignage d’un soldat allemand dans tes sources historiques. Trop souvent les points de vue sont limités aux “vainqueurs”. On se rend compte que la vie dans les tranchées est difficile des deux côtés.

j’apprécie ta dernière question de l’activité 2, elle va te montrer s’ils ont réussi à placer la bande son dans son contexte. Le lien entre l’image et le son est vraiment direct dans cette question.

J’ avais une petite remarque à faire concernant l’activité 3. Tu demandes à tes élèves si les éléments qu’ils ont vu dans le films sont entièrement vrais.
Comment peuvent-ils le savoir? Leur poser cette question n’est ce pas déjà leur donner une partie de la réponse? / lien avec la question 4

Bonne suite
Julien

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