Documents élèves activité sur le film Joyeux Noël

9 03 2009

Activités autour du film de fiction de Christian Carion Joyeux Noël

Activité 1

  • š Tu vas entendre un extrait du film mais tu ne verras pas les images.
  • š Lis attentivement la consigne et les questions auxquelles tu vas devoir répondre.
  • š Note dans le tableau ci-dessous, les éléments que tu auras pu repérer à l’écoute de cette séquence. Concentre-toi donc uniquement sur les sons (bruits, musique, etc.).
Où sommes-nous ?Qu’est-ce qui le prouve ?  
Une personne est présente- qui est-ce ?- quel sentiment semble-t-elle éprouver ?  
Quels bruits de fond entends-tu constamment ?  
Qu’évoque la musique ?  
Sur quel ton l’homme s’adresse-t-il aux autres ?  
De quelle nationalité sont les personnes présentes ?Comment le sais-tu ?  
A quel moment de l’année sommes-nous ?Et en quelle année ?  
D’après les sons entendus (bruits, paroles), que se passe-t-il durant la séquence visionnée ?  

 

Activité 2

  • š Cette fois, tu verras un extrait du film Joyeux Noël sans le son.
  • š Lis attentivement la consigne et les questions auxquelles tu vas devoir répondre.
  • š Note dans le tableau ci-dessous, les éléments que tu auras pu repérer à la vue de cette séquence. Concentre-toi donc uniquement sur les images (lieux, vêtements, objets, expressions, etc.).
Décris l’uniforme des hommes présents.  
Où se trouvent ces hommes ?Décris ce lieu.  
Quelles expressions peux-tu lire dans leurs regards ?  
Quels objets repères-tu dans les mains des soldats ?  
Pour quelles raisons ont-ils cela avec eux d’après toi ?  
Quelles armes utilisent-ils ?  
Au moment de l’attaque, décris le terrain.  
Cet extrait est-il le même que celui écouté avant ?  
   

 

Activité 3

Réponds aux questions ci-dessous après avoir vu l’extrait de Joyeux Noël une troisième fois, en version habituelle :

  • En visionnant la séquence agrémentée de sons et d’images, quels sont tes sentiments ?
  • Sont-ils différents par rapport à ce que tu as ressenti en étant privé du son ou de la vue? Pour quelles raisons d’après toi ?
  • Comment pourrais-tu vérifier si les éléments de ce film sont historiquement vrais?

 

 Comparaison avec des sources historiques

  • š Lis attentivement les témoignages suivants[1]. Lors d’une seconde lecture, souligne dans ces récits, les informations qui sont données concernant les conditions dans lesquelles vivent les soldats:

« Accompagné du Lieut. Brosseau, je vais aux tranchées reconnaître notre nouveau secteur. Nous y passons la journée. [...]. Saint-Eloi une petite ville de quelque mille âmes qui est complètement rasée et qu’on retrouve en consultant la carte seulement. Nous visitons aussi toutes les tranchées. [...] Je n’ai jamais vue encore un spectacle aussi triste. Enfin c’est ça la guerre. Aux environs et à Saint-Eloi le terrain est complètement convulsionné ; il ne reste plus un brin d’herbe. Il n’y a qu’une succession de trous faits par les obus, il n’y a plus aucun signe de tranchées. L’air est saturé d’une odeur qui nous prend à la gorge, en raison de tous ces morts que l’on voit partout et qui sont déjà en décomposition. Nous avons rencontré plusieurs blessés qui nous supplient pour une gorgée d’eau. Nous avons passé une couple d’heures à faire évacuer ces pauvres diables. [...] Pour rendre ce spectacle encore plus lamentable, il y a quelques corbeaux qui voltigent d’un mort à un autre. »

Journal inédit du major-général Th.-L. Tremblay du 22e rég. canadien, in M. Litalien, S. Thibault ; Les tranchées, le quotidien de la guerre 1914-1918, Athena, 2004, p. 125.

 

1915 « Je ne sais si je pourrais dormir dans un lit à présent, on est habitué à coucher par terre ou sur la paille quand on peut en trouver. Il y a bien deux mois que je ne me suis pas déshabillé, et j’ai enlevé mes souliers cette nuit pour dormir ; il y avait au moins quinze jours que je ne les avais pas quittés.

Je vais te donner quelques détails comment nous avons passé la nuit dans la tranchée. Celle que nous avons occupée [...] a une longueur de cent mètres à peu près [...] ; elle est profonde d’un mètre, la terre rejetée en avant, ce qui fait que l’on peut passer debout sans être vu. La largeur est généralement de quinze centimètres et l’on fait de place en place des endroits un peu plus larges de façon à pouvoir se croiser quand on se rencontre. Dans le fond de la tranchée et sous le terrain, on creuse de petites caves où un homme peut tenir couché, c’est pour se garantir des éclats d’obus.

              Adolphe Wegel, soldat allemand

 

“Le secteur est véritablement intenable. Nous subissons à la fois toutes les souffrances, toutes les misères, toutes les privations dont les poilus peuvent être frappés: la pluie, la boue, la glace, la neige, le froid, la faim, la soif, les poux, le bombardement [...] Depuis 6 jours que nous sommes dans cette tranchée répugnante, nous n’avons pas eu la bonne fortune de voir luire le soleil un instant.

[...] Le ravitaillement est devenu à peu prés impossible: les hommes qui se rendent la nuit à la corvée de soupe reviennent avec des boules de pain trempées dans la boue, parfois, ils ne reviennent pas du tout, fauchés par les obus ou égarés dans les ténèbres de la nuit… ou encore épuisés, ne pouvant plus marcher [...] Nous sommes torturés par la faim et la soif; aussi nous devons nous décider à boire l’eau boueuse, infecte, croupie des trous d’obus. Chaque jour, des hommes ont les pieds gelés et doivent être évacués.”   

                     Extrait de Secteurs d’enfer, de P. Clair, Tallandier, 1931.

 

 

  • š Réponds maintenant aux questions ci-dessous qui sont en lien avec les témoignages que tu viens de lire et avec le film Joyeux Noël :

 En fonction des éléments que tu as soulignés, quelles sont les conditions de vie des soldats dans les tranchées ? Relève quelques éléments du texte qui appuient ton propos.

 

Qui sont les auteurs de ces témoignages ?

Quelle est la grande différence entre ces personnes et le réalisateur du film Joyeux Noël ?

Qu’est-ce que cela change au fond ? Argumente ta réponse.

 A tes yeux, est-ce un film comme Joyeux Noël ou une lettre de soldat qui présente la plus grande valeur historique ?

 Pour quelles raisons ?

 Que possède le film de fiction de plus qu’une lettre pour émouvoir le spectateur ?

 Lorsqu’on est ému, cela veut-il dire que ce qu’on nous montre est vrai ?

 Et si le réalisateur d’un film se documente beaucoup sur son sujet en lisant de nombreux témoignages par exemple, son film sera plus proche de la réalité historique. Quelle différence persistera ?

 Peut-on se contenter de regarder des films de fiction pour comprendre l’histoire ? Justifie ta réponse.

Quels autres documents que la lettre pourraient nous aider à comprendre et à s’imaginer des événements historiques ?

 


[1] Ces témoignages sont issus d’une activité tirée du site internet http://www.tacite.ch/index.php/fr/histoire-4/ et de Histoire 1re ES, L, S, J.-M. Lambin, Hachette éducation, 2007


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