Travail sur l’évaluation en histoire
Présentation du dispositif d’enseignement à l’origine du test significatif
La classe avec laquelle j’ai réalisé la séquence d’enseignement suivante est une 9ème VSO, composée de 15 élèves. J’ai débuté un stage dans cette classe au mois de février, je ne connaissais donc, au moment de débuter cette séquence, ni les élèves ni leurs habitudes de travail en cours d’histoire, ce qui me semble important d’être précisé à ce stade.
Conformément aux instructions reçues par leur maître d’histoire précédent, j’ai débuté mon enseignement dans cette classe avec un nouveau sujet appartenant au programme de 9ème année, à savoir l’impérialisme européen au début du XXème siècle et la Première Guerre mondiale.
Les objectifs que j’avais fixés pour cette séquence étaient les suivants : acquérir des capacités permettant l’analyse d’un événement historique dans son ensemble pour en dégager les causes et les conséquences. Je souhaitais également que les élèves prennent peu à peu l’habitude d’émettre un jugement critique, et de proposer leur opinion personnelle sur les faits passés et les documents présentés.
La compétence visée du PEV correspondant à ces objectifs est celle-ci : « Mettre en perspective les faits présents et passés, pour en rechercher leurs conditions d’émergence, leurs causes et leurs conséquences, dans leurs dimensions multiples ». Les deux compétences associées à cette dernière étant : « Décrire et dégager le caractère propre d’un événement, d’une situation, d’une évolution » et « Rechercher et établir des relations en comparant et en distinguant des informations tirées de différents documents et instruments de travail ».
Ce sont donc ces compétences qui ont été travaillées durant les cours et qui ont été évaluées lors du test significatif, conformément au cadre général d’évaluation[1].
Chaque leçon de 90 minutes était constituée d’une partie théorique, agrémentée d’une fiche, qui permettait d’avancer dans la chronologie, puis d’un temps consacré à l’étude de documents divers (photos, images, lettres, extrait de film) qui aboutissait à une réflexion autour de ces derniers sur leur valeur ou leur intérêt.
Rapidement, je me suis aperçue que les élèves de cette classe n’avaient pas l’habitude d’étudier l’histoire de cette manière, ils ne disposaient d’aucune méthodologie leur permettant d’analyser des documents. Une marche à suivre a donc été réalisée collectivement durant l’une des premières leçons. Puis, au fil des semaines, les élèves ont eu l’occasion, seuls ou par petits groupes, de confronter des documents de nature diverse, toujours en lien avec le thème principal.
La séquence élaborée autour du film de fiction « Joyeux Noël » de Christian Carion a été réalisée en classe dans cette même période. Elle s’inscrivait parfaitement dans les objectifs fixés, puisqu’elle permettait l’étude d’un document filmique, ainsi que sa comparaison avec des sources historiques.
Conception argumentée du test significatif
J’ai annoncé rapidement la date du test aux élèves, afin qu’ils puissent s’y préparer au plus vite. Par ailleurs, chaque semaine, je planifiais un temps en fin de leçon, destiné à la synthèse des éléments vus durant la séance. Les élèves réalisaient eux-mêmes ce bilan, sous des formes variées (par écrit, par oral, individuellement ou par deux, …), ce qui leur permettait déjà de faire le point sur l’essentiel du cours. En effet, je me suis aperçue que ces élèves ne parviennent pas toujours à distinguer les éléments à mémoriser de ceux qui ne le sont pas. Ils ont plutôt tendance à penser que tout ce qui est vu en cours doit être su par cœur, sans même s’interroger sur leur intérêt.
Je les ai donc prévenus sur le fait que le test allait également évaluer leur capacité à analyser un document, et non seulement vérifier leurs connaissances sur le sujet.
Avec l’accord de mon praticien-formateur, j’ai décidé que le test durerait 45 minutes, en sachant que cela constituait déjà un effort important pour des élèves de VSO. Le test a été fixé au jeudi 2 avril, juste avant les vacances.
Lorsqu’on se réfère au cadre général de l’évaluation, on peut lire qu’une discipline enseignée à raison de deux périodes hebdomadaires, exige un minimum de quatre travaux significatifs annuels. Celui-ci allait constituer la quatrième note, et nous désirions, mon praticien formateur et moi-même, en réaliser encore une cinquième d’ici la fin de l’année, étant donné que le temps le permet.
J’ai construit mon test[2] en gardant à l’esprit les compétences du PEV à évaluer, celles qui avaient été travaillées en classe. Les TS est constitué de trois parties, chacune d’entre elles s’articulant autour d’un document ou d’un thème particulier.
La première partie du test s’intéresse aux alliances militaires conclues entre différents pays européens au début du XXe siècle. Ce sujet avait été largement vu en classe car il me semblait important d’être bien intégré par les élèves, étant donné son importance dans le déclenchement de la guerre. Les quatre questions du test s’y référant demandent principalement de la restitution de connaissances ; un petit peu de logique et de réflexion personnelle permettent de répondre aux questions c et d. Sur le plan taxonomique, les questions a, b et une partie de la c se situent au niveau « 1. Connaissance », alors que la question d et une partie de la c relèvent d’un niveau « 4. Analyse ».
La deuxième partie du test s’articule autour d’une carte représentant le front occidental ouest en 1914. J’ai commencé par poser plusieurs questions de niveau « 2. Application » de la taxonomie de Bloom, pour lesquelles les élèves sont obligés d’observer correctement le document (donner un titre, relever les pays visibles sur la carte, définir l’année des événements relatés par la carte). La dernière question de cette seconde partie fait appel aux connaissances des élèves relativement aux événements présents sur la carte, il s’agit donc à nouveau du niveau « 1. Connaissance » de la taxonomie.
La troisième partie est construite autour d’une lettre de soldat, pour laquelle les élèves doivent déterminer l’auteur, le destinataire, la nature du document et sa valeur. Pour chacune des questions, une justification est demandée, afin d’exiger des élèves une réflexion, voire une implication personnelle. Toutes les questions de cette troisième partie relèvent donc bien du niveau taxonomique « 4. Analyse », puisqu’elles impliquent une analyse du contenu de la lettre, qui n’avait jamais été lue en classe, et une évaluation de son intérêt dans la question d.
Le test se termine avec une question de niveau « 6. Evaluation » de la taxonomie, puisqu’elle requière de la part de l’élève, une comparaison entre le document textuel de la partie précédente et l’extrait du film de fiction visionné la semaine d’avant en classe. L’énoncé sollicite l’élève à donner son propre avis sur ces deux documents de nature diverse et de le justifier.
[1] http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/dfj/sg-dfj/fichiers_pdf/CGE.pdf
[2] Voir test en annexe